Ma grand-mère s’appelait monsieur

 

Du haut de ses 8 ans, Marthe manœuvre avec adresse pour obtenir ce qu’elle veut et masquer ses bévues. Elle sait que le moment matinal devant le miroir qui marque, pour sa mère, le passage du froissé au lisse, du poché au rebondi est son meilleur atout. Toute demande qui risque un refus doit se faire pendant le coloriage de l’oeil au ligneur, étape exigeant que toute l’attention soit concentrée dans la main n’en laissant guère pour l’oreille.

C’est ainsi qu’un matin, Marthe réussit à obtenir sa « lettre de vieux », qui va lui fournir les arguments pour afficher son amour d’une façon qui bouleversera sa famille et son école!

Œuvres de fiction colorées de réalité, ces nouvelles portraiturent nos travers. Elles racontent avec drôlerie des absurdités langagières du siècle et des résistances risibles aux nouvellles moeurs. Des difficultés à surmonter le racisme à l’autocensure d’artistes, en passant par l’inversion des rôles qu’oblige notre système judiciaire, et la troublante similitude des détresses d’ennemis, ces histoires jettent un regard sur notre société dans une suite de tableaux qui mèlent humour, tragédie, questionnement, acceptation, frayeur et renoncement.

Ma grand-mère s’appelait monsieur